jeudi 31 mars 2011

Prière et Pollution

La Parole de Dieu

« Mais quand ils arrivèrent à Mara, ils ne purent boire l'eau de Mara car elle était amère. »
Livre de l'Exode, chapitre 15, verset 23.

La méditation

Libéré, le peuple marche chaque jour, c'est sa vie au quotidien. Après des heures de joies, de libération qui ont semblé arrêter le temps il faut bien reprendre l'habituel. Le peuple avait confondu ce temps avec la terre promise. Mais non, il faut à nouveau vivre l'aujourd'hui, si semblable à hier et chercher son lieu, celui dont Dieu a parlé, dont il a fait la promesse.

C'est loin la terre promise ? Il y a les jours légers et les jours sombres et lorsque ceux-ci se succèdent sans répit nous commençons à perdre courage, à douter même . Nous avons quitté la servitude mais pour quoi faire ? C'est pire qu'avant ! Moment crucial du cheminement : l'eau s'était montrée bonne et douce, protectrice, elle avait ouvert des perspectives de bonheur pour toujours et voici qu'aujourd'hui cette eau est âcre, décevante, elle n'est plus qu'amertume. Le découragement saisit nos entrailles. Assoiffés d'autre chose, fatigués de la route nous regrettons le temps où, tout compte fait, nos liens nous évitaient de chercher. Dans la lassitude et le sentiment d'échec le blasphème peut même rôder. Or il y a quelqu'un parmi nous, tel Moïse pour le peuple, qui peut intercéder, qui va prier et voilà que l'eau redevient douce. Nous pourrons reprendre la route, continuer. Oui, prier les uns pour les autres, dire pour tous « Notre Père » , change l'amertume en douceur. Eveille toi, la prière est devenue source douce !

mercredi 30 mars 2011

Barricades ou passage

La Parole de Dieu

« Les Israëlites pénétrèrent à pied sec au milieu de la mer, et les eaux leur formaient une muraille à droite et à gauche. »
Livre de l'Exode, chapitre 14, verset 22.

La méditation

400 ans de servitude en Egypte ! 400 ans de galère, et voici que Dieu vient libérer son peuple, son enfant, car il est un Dieu de tendresse et d'amour. Il s'est joué de l'oppresseur, Il a permis que se réalise l'espérance : quitter la servitude. Un jour, une nuit je peux quitter ma servitude, ce lien qui me maintient esclave et dépendant. Que ce soit un lien extérieur (tabac, alcool, jeux vidéo, internet…) ou intérieur (tristesse, rancune, amertume). Cette « chose » dont nous disons chaque jour que demain nous la quitterons, nous la connaissons tous, depuis le temps que nous habitons avec elle !

Mais voilà, à coups de patience, d'opiniâtreté, à coups de bonté de Dieu qui connaît notre servitude, une nuit nous la quittons, nous sommes libres et tellement libres que ce qui aurait pu être barrage, la mer, devient ouverture et passage. Cette eau menaçante qui, à première vue pouvait nous engloutir et nous reprendre dans notre fuite, se fait protection et salut pour nous aider à quitter. Quitter la servitude du lien, du péché, d'une vie sans but. Passer d'une vie à l'autre, et l'eau se fait rempart !

L'eau était notre soutien dans l'épreuve en portant l'arche, elle s'écarte maintenant pour que nous marchions les pieds bien sur terre. Nous ne volons pas, nous ne glissons pas, nous marchons debout, libres de la vraie vie lorsque le don de Dieu se fait passage ! Alors éveille toi, il n'est plus question de dormir : cette nuit là, si tu le veux, tu es libre !

mardi 29 mars 2011

Planches de salut

La Parole de Dieu

« Les eaux montèrent et grossirent beaucoup sur la terre et l'arche s'en alla à la surface de l'eau. »
Livre de la Genèse, chapitre 7, verset 8.

La méditation

Dieu a confié la terre à l' homme, mais voici que l'homme cède à la violence, aux luttes fratricides, à sa méchanceté : le mal se manifeste et se retourne contre l'homme, qu'il en soit personnellement responsable ou non. « Qu'ai-je fait au Seigneur pour mériter cela ? » : ces mots sont souvent dans notre bouche ou celle des autres. Serait-ce par dépit que Dieu envoie cette crue dévastatrice ? Mais pourquoi préserve-t-il Noé ? Pourquoi sauve-t-il une part de sa création ?

Car il en est le gardien, et déjà le sauveur ! Voilà qu'au coeur du désastre une petite arche trace son chemin, attendant patiemment la fin de la crue. Au coeur de nos cataclysmes personnels Dieu ne préserve-t-il pas toujours un lieu, une nacelle ? Nous ne sommes jamais totalement livrés au mal ou à l'épreuve. Il reste toujours un espace en nous même, connu ou encore inconnu à nos yeux, où le Seigneur donne la grâce : faute d'avoir pied dans la situation, je peux tenir à la surface jusqu'à la fin de l'épreuve. La crue des eaux n'est pas une punition ; nous pouvons dans cette tourmente découvrir que tous les germes de vie qui nous constituent sont bien là, vivants, comme chaque espèce est bien présente dans l'arche. Certes le lieu est petit, secoué, mais nous ne coulons pas, nous avançons même.

Ainsi l'eau destructrice du mal devient porteuse d'espérance. Dieu donne toujours une arche pour ne pas couler, ces planches de salut qui nous gardent en vie ! Alors éveille toi et prends la planche du salut !

dimanche 27 mars 2011

La longue marche de l'eau

La Parole de Dieu

« Une femme de la Samarie vient puiser de l'eau. Jésus lui dit : "Donne-moi à boire." »
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, chapitre 4, verset 7.

La méditation

Elle avait aperçu de loin cet inconnu, tandis qu'elle arrivait dans la plaine de Samarie, la cruche sur la tête, en quête de l'eau quotidienne. L'Evangile ne dit pas son nom. Celui qui a été fixé à jamais, c'est « la Samaritaine » au destin unique, cette femme qui s'est trouvée un jour face à face avec le Christ qui l'attendait à son insu. Comme il attend encore chacun de nous à des tournants précis.

Il est midi. Il fait chaud. Cet homme est là, seul, visiblement fatigué, assis près du puits, l'étape habituelle des longues marches dans ces pays vite brûlés par le soleil. Il n'a rien pour puiser à cette source profonde – près de 30 mètres dit-on – et demande à boire sans préalable, comme quelqu'un qui n'en peut plus. Quoi de plus naturel ? Quoi de plus humblement humain ? Il n'est pas dit qu'elle refuse, c'est peu vraisemblable, surtout en Orient. Mais avant le geste rapide d'une femme habituée à ce genre de service, voilà que l'étranger engage un dialogue inattendu. Il semble oublier complètement sa fatigue et se met à parler de Dieu, du « don de Dieu ». Il propose même, au lieu de boire, de satisfaire sa soif à elle, avec une eau vive tirée on ne sait d'où. Que veut-il bien dire ? Peut-il trouver mieux que le puits de notre père Jacob ? Pour qui se prend-il ?

La Samaritaine a les pieds bien sur terre, elle sait, comme toutes les femmes de ce temps et de ce pays, ce que représente le don de l'eau, la valeur d'une source au milieu du désert ou simplement d'une plaine sèche, la servitude que représente pour elle cette route journalière pour puiser la ration vitale, elle connaît tout cela bien plus que le don de Dieu ! Et beaucoup de nos contemporains dans les pays pauvres d'Afrique et d'ailleurs, loin de nos salles de bain confortables et de nos gaspillages, expérimentent encore aujourd'hui qu'il n'est pas si facile de penser à Dieu quand les nécessités les plus élémentaires vous manquent et vous collent littéralement à la terre.

Jésus sait bien tout cela, il connaît les problèmes de son temps et du nôtre. Il ne discute pas, mais parle avec douceur et autorité d'une eau nouvelle, d'une eau vive, qui chante et enchante, une eau qui reste sans cesse attachée à la source, et dont il dispose comme par miracle. Quelle image pouvait être plus parlante de la vraie vie, éveiller l'intérêt du corps et de l'âme ? C'est pour révéler cette eau-là qu'il devait traverser la Samarie, et non d'abord pour prendre le plus court chemin vers la Galilée. Il fallait qu'il se trouve à cet endroit-là, à cette heure-là, le coeur brûlant de miséricorde et du désir de révéler au monde, à cette femme en premier lieu, le vrai visage de l'amour.

Il ne dédaigne pas l'eau de la terre, non, il sait à quel point elle est indispensable à la vie.

Mais, aussi précieuse soit-elle, aussi graves soient les problèmes qui la concernent, « quiconque boit de cette eau aura encore soif ». Tout ce qui est terrestre est transitoire et incapable de combler les soifs les plus profondes de notre coeur. Car n'y a-t-il pas en chacun de nous un lieu secret qui aspire à l'infini ?... Jésus s'écriera un jour : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive ! » (Saint Jean, Chapitre 7, verset 37). La source d'eau vive jaillissant en vie éternelle, c'est lui-même, c'est sa Parole qui nous révèle le Père ! Pour nous introduire dans cette plénitude de vie sans fin, pouvait-il y avoir meilleur signe que l'eau du baptême ? Oui, c'est par l'eau que l'Eglise accueille ses nouveaux enfants et les fait participer à la vie même du Christ en les plongeant dans sa mort et sa résurrection. Harmonie merveilleuse des réalités terrestres et célestes !

Mais qu'a bien pu comprendre la Samaritaine de cette mystérieuse promesse de vie éternelle, à travers une eau jaillissant à l'infini ? Sans doute s'est-elle trouvée, comme nous le sommes souvent devant les réalités spirituelles, au seuil de quelque chose qui la dépassait et la soulevait déjà au-dessus d'elle-même. Deux soifs sont souvent en présence : la nôtre, à la mesure de la profondeur de notre pauvreté et parfois de notre détresse, et celle du Seigneur, sans mesure, car sa miséricorde est infinie.

Alors, si l'eau de notre vie nous semble certains jours une eau morte, ou si le torrent a été par trop dévastateur, si de multiples épreuves en viennent parfois troubler ou tarir le flot, il nous faut croire que le Christ est aussi présent sur notre route que sur celle de Samarie, et son Esprit toujours prêt à nous ouvrir le « puits des Ecritures », là où l'eau vive promise ne cesse de jaillir pour combler nos vraies soifs.

samedi 26 mars 2011

La longue marche

La Parole de Dieu

« Ils condamneront le fils de l'homme à mort et le livreront aux païens pour qu'ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et, le troisième jour, il ressuscitera. »
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, chapitre 20, versets 18 et 19.

La méditation

Nous y voilà. Jésus révèle qui il est, comment ce qu'il a vécu – ses paroles, ses actes, sa manière d'aimer – va traverser la mort, la renverser. Auparavant, il aura à affronter l'humiliation, la dérision, la solitude, jusqu'à ce cri d'épuisement: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Pour lui répondre, les élites et le pouvoir religieux ont fait parler leur Dieu, le Dieu des plus forts.

Or, Jésus avait été annoncé par Abraham, le père des croyants, par Moïse le libérateur du peuple hébreu, et par les prophètes jusqu'à Jean le Baptiste. Une immense attente, fruit d'une longue préparation des esprits et des coeurs, habite le peuple de l'Alliance. Le Messie ! C'est lui qui va le sauver de tous les esclavages d'aujourd'hui. Tout ce travail de pédagogie a abouti chez quelques-uns, peu nombreux mais essentiels à la réussite du projet divin : Jean-Baptiste, Marie, Joseph, et quelques autres qui vont accueillir dans la foi reçue de leur peuple la venue du Fils de l'homme, Dieu-avec-nous.

Aujourd'hui, nous sommes les héritiers de cette histoire d'amour entre Dieu et les hommes, en responsabilité d'avoir à notre tour à transmettre la Bonne Nouvelle de Jésus, le Christ, si nous ne voulons pas qu'une fois encore, ce soit le Dieu des plus forts qui semble l'emporter.